A la rencontre des peuples du monde

Après Guerre, Max Pol Fouchet parcourt infatigablement le monde. Conférences, voyages d’études et de découverte, vont révéler au grand public ses talents conjugués d’historien d’art, d’ethnographe, de photographe, de cinéaste.


Il donne à Copenhague une série de conférences (1946-47), est invité aux Rencontres Internationales de Genève (1948), séjourne régulièrement aux Etats-Unis entre 1949 et 1974 en tant que conférencier dans les comités de l’Alliance Française. Professeur à la Columbia University, à Middlebury, il enseignera durant plus de dix ans à l’American University Center à Paris.

De sa rencontre avec l’Afrique Noire jaillira un travail d’ethnologie majeur, avec la publication des Peuples Nus (1953),  le tournage de deux films sur l’Art Africain appartenant à la série Terre des Arts. Deux séjours en Inde, où il visite les hauts lieux de la spiritualité hindoue: Bénarès, Calcutta, les temples de Sanchi, Mahabalipuram, Konarak, sont à l’origine de la réalisation d’une œuvre majeure prenant pour points de  référence des chefs d’oeuvre de l’Inde ancienne : L’Art amoureux des Indes. S’ensuivront deux autres ouvrages d’une rare qualité : Portugal des Voiles, hymne photographique aux vaisseaux lusitaniens, dont il réalise les clichés  durant l’été 1958. Enfin, Nubie, Splendeur Sauvée (1965), où l’archéologue, missionné pour la sauvegarde des monuments pharaoniques, révèle à l’œil contemporain les vestiges de la civilisation du Nil.

Max Pol Fouchet entreprendra un long séjour d’étude des civilisations précolombiennes en Amérique Latine : il se rend au Brésil, puis au Guatemala. En 1952, c’est la découverte du Mexique où il effectue en 1953 une première étude d’ethnographie chez les Tarahumaras. A ce pays, dont il apprécie entre tous la culture, la force et la flamme, il consacrera un ouvrage, Le Mexique que j’aime, prélude à une collection sur une série de destinations dont il assurera la préface. Au retour de ces voyages dans le continent sud américain, il publie Tableau des civilisations précolombiennes, Terres Indiennes, ainsi que le roman, La rencontre de Santa Cruz, témoignage d’un européen à la recherche d’un nouveau souffle auprès des partisans de la révolution.

En 1973, il réalise un autre long périple en Océanie, sur les traces de Paul Gauguin (Tahiti, Marquises, archipel des Touamotou), qui complètera pour la télévision la série Les Impressionnistes. En 1978, il se rend dans l’URSS  de Brejnev.

 

Nelly Anne Saby