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	<title>Max-Pol Fouchet</title>
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	<description>Max-Pol Fouchet - Po&#232;te, romancier, essayiste, critique litt&#233;raire, musical, historien de l'art, ethnologue, homme de radio et de t&#233;l&#233;vision.</description>
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		<title>Max-Pol Fouchet</title>
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		<title>Quand la t&#233;l&#233;vision aimait les &#233;crivains</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marianne</dc:creator>



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&lt;p&gt;Les Chroniques Max-Pol Fouchet &lt;br class='autobr' /&gt; T&#233;l&#233;spectateur &#171; professionnel &#187;, Fran&#231;ois Mauriac, souvent tr&#232;s dur avec le tandem des deux Pierre, se place au premier rang des admirateurs de Fouchet dont il respecte la stature et le glorieux pass&#233; de r&#233;sistant des lettres : &#171; Max-Pol Fouchet est un autre lecteur que Dumayet et que Desgraupes. [...] Il est vrai qu'il est seul sur l'&#233;cran et ne peut rien rapporter &#224; l'auteur pour que nous sachions de quoi il retourne. Et puis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://maxpolfouchet.com/Ouvrages-sur-Max-Pol-Fouchet" rel="directory"&gt;Ouvrages sur Max-Pol Fouchet&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les Chroniques &lt;br class='autobr' /&gt; Max-Pol Fouchet &lt;br class='manualbr' /&gt;
&lt;img src='https://maxpolfouchet.com/local/cache-vignettes/L400xH558/mpftv-a2a5a.jpg?1687526152' alt=&#034;mpftv.jpg&#034; title=&#034;mpftv.jpg&#034; style='margin: 5px; float: right' height='558' width='400' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
T&#233;l&#233;spectateur &#171; professionnel &#187;, Fran&#231;ois Mauriac, souvent tr&#232;s dur avec le tandem des deux Pierre, se place au premier rang des admirateurs de Fouchet dont il respecte la stature et le glorieux pass&#233; de r&#233;sistant des lettres : &#171; Max-Pol Fouchet est un autre lecteur que Dumayet et que Desgraupes. [...] Il est vrai qu'il est seul sur l'&#233;cran et ne peut rien rapporter &#224; l'auteur pour que nous sachions de quoi il retourne. Et puis les lettres, cela compte pour lui plus que tout. &#187;. Plus g&#233;n&#233;ralement, tous ceux qui &#233;voquent leurs souvenirs de t&#233;l&#233;spectateurs fid&#232;les de Lectures pour tous ont &#233;t&#233; marqu&#233;s par les chroniques de Max-Pol Fouchet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Claude Durand, &#171; il faisait son one-man-show et gr&#226;ce &#224; &#231;a, il a&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;ussi &#224; ouvrir le lectorat &#224; la litt&#233;rature d'Am&#233;rique latine, par&lt;br class='autobr' /&gt;
exemple. J'ai &#233;t&#233; tr&#232;s touch&#233; par &#231;a, ses chroniques sur Carpentier,&lt;br class='autobr' /&gt;
Asturias, entre autres. &#187; Jean-Jacques Semp&#233; se souvient d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
chronique &#171; particuli&#232;rement enthousiaste sur un roman am&#233;ricain de&lt;br class='autobr' /&gt;
Saul Bellow. Il &#233;tait si convaincant que j'ai achet&#233; et lu le bouquin&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#232;s le lendemain. &#187; Enfin Claude Dalla Torre r&#233;sume : &#171; Il avait un&lt;br class='autobr' /&gt;
impact &#233;norme. Pour beaucoup de gens, Max-Pol Fouchet, c'&#233;tait parole&lt;br class='autobr' /&gt;
d'&#233;vangile. Du coup, ils se mettaient &#224; acheter des trucs improbables,&lt;br class='autobr' /&gt;
de la litt&#233;rature sud-am&#233;ricaine ou asiatique. C'&#233;tait vraiment bien.&lt;br class='autobr' /&gt; &#187; Max-Pol Fouchet lui-m&#234;me insiste &#224; plusieurs occasions sur l'impact&lt;br class='autobr' /&gt;
que lui conf&#232;rent ces interventions t&#233;l&#233;visuelles : &#171; Ou je me trompe&lt;br class='autobr' /&gt;
fort, ou je suis parvenu &#224; faire passer &#224; travers le petit &#233;cran des &lt;br class='autobr' /&gt;
connaissances que je poss&#233;dais. D'innombrables lettres de&lt;br class='autobr' /&gt;
t&#233;l&#233;spectateurs me permettent de le croire. Des milieux les plus&lt;br class='autobr' /&gt;
divers, j'encourais le reproche d'&#234;tre didactique. [...] De toutes&lt;br class='autobr' /&gt;
fa&#231;ons, cette critique me pesait peu au regard de la reconnaissance&lt;br class='autobr' /&gt;
dont je recevais les t&#233;moignages. &#187; Michel Polac confirme cette &lt;br class='autobr' /&gt;
influence sur le public dont Fouchet est alors tr&#232;s conscient : &#171; &lt;br class='autobr' /&gt;
Max-Pol avait un impact tr&#232;s pr&#233;cis, c'est s&#251;r. Il le savait fort&lt;br class='autobr' /&gt;
bien et il racontait une anecdote &#224; ce propos. Il aurait re&#231;u un&lt;br class='autobr' /&gt;
jour une lettre d'un couple avec la photo d'un b&#233;b&#233;, lettre disant &#171; &lt;br class='autobr' /&gt;
Voici le petit Max-Pol, nous vous demandons d'en &#234;tre le parrain, car&lt;br class='autobr' /&gt;
nous l'avons con&#231;u en vous regardant parler de litt&#233;rature ! &#187; il&lt;br class='autobr' /&gt;
avait sans doute enjoliv&#233; un peu, mais je suis s&#251;r qu'il y avait un&lt;br class='autobr' /&gt;
fond de v&#233;rit&#233; l&#224;-dedans... &#187; Max-Pol Fouchet a son public, &#171; s'il&lt;br class='autobr' /&gt;
disait &#224; ceux qui le regardaient : &#034;Allez-y&#034;, ils y allaient et&lt;br class='autobr' /&gt;
n'&#233;taient ni d&#233;&#231;us, ni tromp&#233;s. &#187;. Sa popularit&#233;, n&#233;e &#224; Lecture pour&lt;br class='autobr' /&gt;
tous, ne cesse de s'accro&#238;tre par la suite gr&#226;ce &#224; d'autres &#233;missions&lt;br class='autobr' /&gt; : Le Fil de la vie, d&#232;s 1956, tribune ouverte d'une dizaine de minutes&lt;br class='autobr' /&gt;
puis Terre des arts, &#224; partir d'octobre 1959, qui s'apparente plus &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
un documentaire de 52 minutes. Si ce magazine dure jusqu'au d&#233;but des&lt;br class='autobr' /&gt;
ann&#233;es soixante-dix, le Fil de la vie s'interrompt en 1958, &#224; la suite&lt;br class='autobr' /&gt;
d'une &#233;mission consacr&#233;e &#224; la difficult&#233; d'&#234;tre Fran&#231;ais pendant la&lt;br class='autobr' /&gt;
guerre d'Alg&#233;rie. Ses chroniques r&#233;guli&#232;res pendant les quinze ans de&lt;br class='autobr' /&gt;
Lectures pour tous ainsi que ces deux &#233;missions imposent un ton, un&lt;br class='autobr' /&gt;
style particulier &#224; la t&#233;l&#233;vision. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est surtout par son enthousiasme et l'originalit&#233; de ses choix que Max-Pol Fouchet s&#233;duit les t&#233;l&#233;spectateurs. L'exercice auquel il se livre &#224; Lectures pour tous est p&#233;rilleux : huit &#224; seize minutes pour d&#233;fendre un livre souvent difficile, seul, assis derri&#232;re une table, cadr&#233; en plan moyen pendant toute la s&#233;quence. Gr&#226;ce &#224; ses talents d'orateur, il donne l'attrait du r&#233;cit et la chaleur de l'improvisation &#224; des chroniques pourtant tr&#232;s &#233;crites, presque professorales. Rien n'est laiss&#233; au hasard, il r&#233;dige int&#233;gralement un texte qu'il apprend par c&#339;ur et interpr&#232;te de mani&#232;re tr&#232;s vivante face &#224; la cam&#233;ra. Un journaliste de T&#233;l&#233; 7 Jours a &#233;t&#233; le t&#233;moin de la minutieuse pr&#233;paration de ces chroniques : &#171; Max-Pol Fouchet &#233;crit un synopsis d&#233;taill&#233; en plusieurs couleurs, notant &#224; l'encre rouge ce qui est essentiel, &#224; l'encre verte pour ce qui est moins important et son texte &#224; l'encre bleue. Mais il se sert tr&#232;s rarement de ses notes ou de son synopsis devant les cam&#233;ras et il se r&#233;serve m&#234;me le droit, en cours d'&#233;mission, de laisser une large place &#224; l'improvisation. &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La s&#233;quence frappe tout d'abord par sa dur&#233;e, une dizaine de minutes en moyenne, ce qui est tr&#232;s &#233;tonnant &#224; l'aune des normes t&#233;l&#233;visuelles actuelles o&#249; l'on d&#233;passe rarement les deux minutes, mais qui sort d&#233;j&#224; de l'ordinaire par rapport aux programmes de l'&#233;poque. D'autre part, la liste des ouvrages ou des &#233;crivains qu'il choisit r&#233;v&#232;le une volont&#233; militante de d&#233;fendre une certaine id&#233;e de la litt&#233;rature. Dans les r&#244;les impartis &#224; chacun, Max-Pol Fouchet est charg&#233; de parler de tous ceux qui ne viennent pas sur le plateau : auteurs classiques, &#224; l'occasion d'une r&#233;&#233;dition, auteurs &#233;trangers ainsi que ceux, plus rares, qui refusent d'appara&#238;tre &#224; la t&#233;l&#233;vision, comme Julien Gracq ou Simone de Beauvoir. &lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jules Roy, lors de son &#233;loge fun&#232;bre, rappelle le r&#244;le de Max-Pol Fouchet dans l'&#233;mission : &#171; Et alors, alors, il voulait faire passer chez tous, chez les plus intelligents comme chez les plus humbles, [...] les histoires les plus fantastiques, les auteurs les plus herm&#233;tiques, les choses dont on n'aurait jamais os&#233; parler &#224; la t&#233;l&#233;vision. Mais quoi, c'&#233;tait Lectures pour tous, il fallait, apr&#232;s le dialogue de Desgraupes et Dumayet avec les &#233;crivains, que pour le plus difficile, pour les auteurs qu'on n'osait pas aborder, quelqu'un serv&#238;t d'interpr&#232;te. &#187; Moins lyrique mais tout aussi &#233;loquente, l'&#233;tude statistique de ces chroniques prouve l'audace de ces choix &#233;ditoriaux. La chronique de Max-Pol Fouchet est le seul moment de Lectures pour tous o&#249; l'&#233;mission cesse d'&#234;tre une revue de l'actualit&#233; litt&#233;raire &#8213; m&#234;me si Desgraupes et Dumayet font un choix parmi les parutions &#8213; pour devenir une tribune prescriptive, critique et assez t&#233;m&#233;raire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Max-Pol Fouchet n'est pas pr&#233;sent tous les mercredis soirs sur le plateau de Lectures pour tous. Il entreprend des voyages au Mexique, au Portugal, en Afrique dont il revient avec des livres o&#249; alternent textes et photos, ouvrages qu'il vient syst&#233;matiquement pr&#233;senter en tant qu'invit&#233;. Ses chroniques sont parfois enregistr&#233;es et diffus&#233;es avec les entretiens en direct, mais parfois, elles n'apparaissent pas au sommaire de l'&#233;mission. Ainsi, en quinze ans de Lectures pour tous, on compte 265 interventions de Max-Pol Fouchet, soit une &#233;mission sur deux ou sur trois environ. Ces statistiques sont un peu approximatives dans la mesure o&#249; les sommaires des deux premi&#232;res ann&#233;es de l'&#233;mission n'ont pu &#234;tre reconstitu&#233;s, mais elles donnent un aper&#231;u des sujets abord&#233;s par Fouchet. Le crit&#232;re qui a &#233;t&#233; retenu est l'origine g&#233;ographique puisqu'il est essentiellement question de litt&#233;rature &#233;trang&#232;re. Les &#233;crivains classiques (comme Baudelaire, Thackeray, Shakespeare, Henry James ou Virginia Woolf) ou des &#233;crivains fran&#231;ais contemporains qui n'apparaissent pas ou tr&#232;s rarement sur le plateau de l'&#233;mission sont class&#233;s &#224; part. Enfin, les po&#232;tes, bien que peu repr&#233;sent&#233;s, font l'objet d'une cat&#233;gorie distincte. En effet, Max-Pol Fouchet publie lui-m&#234;me des po&#232;mes et, depuis l'&#233;poque de la revue Fontaine, d&#233;fend la po&#233;sie. &lt;br class='autobr' /&gt;
La litt&#233;rature europ&#233;enne, essentiellement allemande et italienne et les auteurs absents ou classiques se partagent &#224; parts &#233;quivalentes les 265 chroniques de Max-Pol Fouchet. L'importance relative des &#233;crivains classiques et europ&#233;ens ne para&#238;t pas tr&#232;s surprenante &#224; premi&#232;re vue. Les ouvrages venus des Etas-Unis sont arriv&#233;s en masse sur le march&#233; fran&#231;ais apr&#232;s la guerre et ont beaucoup marqu&#233; la g&#233;n&#233;ration de Desgraupes et Dumayet, mais aussi celle de Fouchet, comme en t&#233;moigne Pierre Desgraupes : &#171; [...] c'est lui [Max-Pol] qui nous a fait d&#233;couvrir Faulkner et bon nombre d'&#233;crivains am&#233;ricains. [...] Il faut vous dire que dans l'imm&#233;diat apr&#232;s-guerre, nous &#233;tions sevr&#233;s de litt&#233;rature anglo-saxonne. &#187; Cette litt&#233;rature n'est pas encore tr&#232;s connue du grand public. La place accord&#233;e aux &#233;crivains d'Am&#233;rique latine est moins attendue, comme le rappelle le t&#233;moignage de Claude Durand. Max-Pol Fouchet, qui s'est rendu plusieurs fois au Mexique et en Am&#233;rique latine, porte une attention particuli&#232;re &#224; cette litt&#233;rature et plus pr&#233;cis&#233;ment &#224; quelques-uns des ses repr&#233;sentants. &lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, une &#233;tude plus fine de ces chroniques montre la r&#233;currence de certains &#233;crivains tr&#232;s soutenus par Fouchet. C'est notamment le cas de Malcolm Lowry. Max-Pol Fouchet l'aime tant qu'il ne m&#233;nage pas ses efforts pour le faire publier en France. Maurice Nadeau, ami de Fouchet, &#233;dite Au-dessous du volcan, chez Corr&#233;a, dans la collection, &#171; Chemin de la vie &#187; qu'il dirige. Fouchet r&#233;dige m&#234;me la postface du roman et &#233;crit &#171; Nous v&#233;c&#251;mes dans le texte, d&#233;sireux de le transmettre &#187;. Lectures pour tous offre un &#233;cho d&#233;multipli&#233; &#224; ce d&#233;sir de transmettre l'&#339;uvre de Lowry. En effet, six chroniques sont consacr&#233;es &#224; cet auteur et &#224; ses deux derniers romans Au-dessous du volcan et Ecoute nos voix, &#244; Seigneur&#8230; Malcolm Lowry est de loin l'&#233;crivain que Max-Pol Fouchet soutient le plus, mais son pros&#233;lytisme ne s'arr&#234;te pas l&#224;. Parmi ceux qui reviennent souvent, on peut citer Alejo Carpentier, Miguel Angel Asturias, Friedrich D&#252;rrenmatt, Paul Eluard, Italo Calvino ou Tanizaki (trois occurrences chacun), ainsi que Dino Buzzati, mentionn&#233; &#224; quatre reprises. Saint John Perse qui re&#231;oit en 1960 le prix Nobel de litt&#233;rature, constitue &#224; lui seul plus du tiers des chroniques consacr&#233;es &#224; des po&#232;tes. Certains ouvrages comme La Mort d'Artemio Cruz de Carlos Fuentes ont droit &#224; deux chroniques &#224; une ann&#233;e d'intervalle. La r&#233;currence de ces &#233;crivains confirme la volont&#233; de Max-Pol Fouchet d'insister sur quelques &#339;uvres qui lui paraissent essentielles. &lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En litt&#233;rature fran&#231;aise, les go&#251;ts de Max-Pol Fouchet t&#233;moignent de cette attention port&#233;e &#224; des romans ambitieux. Ainsi, Les Nouvelles Litt&#233;raires lancent une grande enqu&#234;te, en 1955, aupr&#232;s d'une cinquantaine de critiques sur les dix meilleurs romanciers des dix derni&#232;res ann&#233;es. Fouchet cite Nicole Vedr&#232;s, Pierre Gascar ou Louis Pauwels, mais il se d&#233;marque en nommant &#233;galement Alain Robbe-Grillet, Samuel Beckett et Nathalie Sarraute.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est donc pas seulement par sa forme que cette s&#233;quence rompt avec le ton de Lectures pour tous, c'est &#233;galement par cette ambition de promouvoir une litt&#233;rature dont on parle trop peu. &lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il serait injuste de r&#233;duire la chronique de Max-Pol Fouchet au rab&#226;chage d'une poign&#233;e d'&#233;crivains. Il jette fr&#233;quemment son d&#233;volu sur des ouvrages compl&#232;tement inattendus comme Le Chevalier &#224; la peau de tigre de Chota Roustaveli, po&#232;te g&#233;orgien de la fin du XIIe si&#232;cle ou les Contes de la pluie et de la lune de Veda Akinari, &#233;crivain japonais du XVIIIe si&#232;cle. Les critiques qui suivent l'&#233;mission insistent souvent sur les choix surprenants de Max-Pol Fouchet : &#171; Max-Pol Fouchet, imperturbablement lui- m&#234;me, (ce qui de ma part est un &#233;loge), nous a fait part de ses derni&#232;res d&#233;couvertes glan&#233;es au rayon &#233;tranger. Aujourd'hui, il s'agit d'un romancier am&#233;ricain, Rinoy Lardner. D&#233;j&#224; entendu parler ? Moi non plus. Max-Pol Fouchet, cependant, en fait le plus grand cas, et comme &#224; son habitude, il ne se contente pas d'encenser, il argumente, explique et finit par convaincre &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Autre preuve de la libert&#233; de Max-Pol Fouchet et de l'originalit&#233; de sa chronique : il parle parfois de livres qu'il n'a pas aim&#233;s, mais alors il ne s'agit pas de d&#233;molir des romans &#233;trangers difficiles, mais plut&#244;t des ouvrages dont tout le monde parle, voire du sacro-saint prix Goncourt : &#171; On n'avait pas fait venir le laur&#233;at du Goncourt, Georges Conchon. Max-Pol Fouchet lui a consacr&#233; sa chronique. L&#224;, j'ai &#233;t&#233; passionn&#233;. Max-Pol Fouchet n'aime pas le roman de Georges Conchon. Ce n'est pas une simple marque d'anticonformisme &#224; l'&#233;gard de ces prix [...]. Avec la m&#234;me pr&#233;cision et la m&#234;me flamme qu'il apporte &#224; expliquer les livres qu'il aime, Max-Pol Fouchet a analys&#233;, diss&#233;qu&#233; celui-l&#224; qu'il n'appr&#233;cie pas. Et cette chronique &#233;tait un mod&#232;le de critique litt&#233;raire. &#187; A Lectures pour tous, Max-Pol Fouchet se veut &#224; la fois le promoteur de la litt&#233;rature qu'il aime et le p&#233;dagogue qui fait d&#233;couvrir au grand public de nouveaux horizons. L'&#233;tude plus fouill&#233;e de quelques-unes de ces chroniques montre leur diversit&#233; et leur force. &lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Max-Pol Fouchet a l'habitude de s'adresser &#224; un vaste auditoire, il a notamment test&#233; ses talents d'orateur dans les amphith&#233;&#226;tres des universit&#233;s am&#233;ricaines au d&#233;but des ann&#233;es cinquante. Il analyse ainsi sa t&#226;che &#224; la t&#233;l&#233;vision : &#171; Je me suis aper&#231;u en pratiquant la t&#233;l&#233;vision et la radio que la difficult&#233; ne r&#233;sidait pas dans le fait de vulgariser, ce qui somme toutes, est assez ais&#233;. Mais lorsqu'on vulgarise, on simplifie, autrement dit, on paie en monnaie de singe. [...] En revanche, ce qui s'impose, c'est la clarification. Clarifier n'est pas simplifier, mais clarifier demande un effort consid&#233;rable &#224; celui qui veut transmettre une connaissance. Il s'agit d'une conqu&#234;te sur soi-m&#234;me. &#187; Max-Pol Fouchet respecte son public qui souhaite entendre des chroniques exigeantes. Ainsi, un t&#233;l&#233;spectateur, un peu outr&#233;, &#233;crit &#224; T&#233;l&#233; 7 Jours : &#171; Je me demande pourquoi Max-Pol Fouchet a r&#233;p&#233;t&#233;, aux derni&#232;res Lectures pour tous, et &#224; trois reprises : &#8220;Je suis oblig&#233; de simplifier... mais c'est la t&#233;l&#233;vision&#8221; ? &#187; Le journaliste s'empresse de rassurer le lecteur : &#171; Ce n'est pas &#224; la suite de reproches qu'on lui aurait fait, Max-Pol Fouchet tient &#224; le pr&#233;ciser. Cette phrase, il ne l'a prononc&#233;e &#224; plusieurs reprises que parce qu'il avait &#224; parler d'un livre difficile et qu'il fallait traduire dans un langage accessible les th&#233;ories des sp&#233;cialistes de Mallarm&#233;. &#187; .&lt;br class='autobr' /&gt;
Max-Pol Fouchet propose parfois, plus qu'une tribune critique rendant compte d'un livre, presque un cours, p&#233;dagogique et illustr&#233; &#224; partir d'un ouvrage. C'est ainsi que le 26 juillet 1955, il pr&#233;sente le Livre de Chilam Balam, po&#232;te d'un pr&#234;tre maya, Chumayel, ce qui le conduit &#224; proposer un cours tr&#232;s document&#233; sur la civilisation maya. La s&#233;quence commence par une pr&#233;sentation g&#233;ographique du Yucatan o&#249; s'&#233;tendait l'empire maya, carte &#224; l'appui. Apr&#232;s avoir d&#233;limit&#233; chronologiquement les diff&#233;rentes p&#233;riodes des Mayas, Fouchet d&#233;crit la pyramide de Chichen Itza, &#171; qui se lit comme un v&#233;ritable calendrier &#187;, puis les monuments mayas. Par souci de p&#233;dagogie, il rappelle &#171; que les pyramides indiennes, mayas comme les autres, ne ressemblent pas aux pyramides &#233;gyptiennes, &#224; l'exception d'une &#224; Palenque o&#249; l'on a retrouv&#233; une pierre tombale. Ce ne sont pas de gigantesques mausol&#233;es, elles sont construites en dur, elles sont compactes, mais elles ne manquent pas de grandeur. &#187; Fouchet poursuit en d&#233;crivant les rites sacrificiels mayas de mani&#232;re tr&#232;s pr&#233;cise. Il finit en revenant sur le livre : &#171; Toutes ces choses, on les apprend dans le Livre de Chilam Balam. On ne les apprend pas directement, mais indirectement, car c'est un po&#232;me et un po&#232;me qui a &#233;t&#233; traduit par un grand po&#232;te fran&#231;ais, Benjamin P&#233;ret. Voil&#224; donc un livre doublement int&#233;ressant. &#187; La s&#233;quence est donc construite comme un cours, document&#233;, illustr&#233; de douze minutes sur la civilisation maya. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, ce qui fait le charme des chroniques de Max-Pol Fouchet, ce n'est pas tant leur haute tenue intellectuelle que leur ton souvent tr&#232;s personnel. Le 13 janvier 1960, neuf jours apr&#232;s la mort d'Albert Camus, Lectures pour tous s'ouvre exceptionnellement sur le visage grave et visiblement &#233;mu de Max- Pol Fouchet, dont la chronique cl&#244;t habituellement l'&#233;mission. Le fond est noir et, la voix nou&#233;e, Fouchet commence ainsi son &#233;loge de Camus, long de treize minutes : &#171; &#8220;Je sais que quelque chose en ce monde a du sens, et c'est l'homme, car il est le seul &#224; chercher &#224; en avoir.&#8221; L'&#233;crivain qui nous a laiss&#233; ces lignes, vous le savez, est mort, c'est Albert Camus. Les circonstances, la semaine derni&#232;re, nous ont emp&#234;ch&#233;s de lui rendre l'hommage que nous aurions souhait&#233;, mais il faut dire qu'il est l&#224;, parmi nous, ce soir, au seuil de cette &#233;mission. Chacun a ses souvenirs de Camus, j'ai les miens et il me semble que je le vois ce soir, devant moi, &#224; une &#233;poque o&#249; il n'&#233;tait pas encore Albert Camus, mais o&#249; il se pr&#233;parait &#224; le devenir. C'&#233;tait vers 1932, nous &#233;tions jeunes et nous avions l'habitude d'aller nous promener sur les chemins qui surplombent la baie d'Alger. Il y avait un chemin que Camus aimait particuli&#232;rement, c'&#233;tait celui de la Bouzar&#233;ah. &#187; Max-Pol Fouchet continue &#224; &#233;voquer des souvenirs de Camus &#224; Alger dans les ann&#233;es trente et se lance assez vite dans une analyse de son &#339;uvre et de son parcours intellectuel. Il ach&#232;ve ainsi : &#171; Camus n'a jamais &#233;t&#233; la r&#233;incarnation de Prom&#233;th&#233;e, ce n'est pas un romantique, c'est un moraliste classique. Il a &#233;crit : &#034;La seule r&#232;gle qui soit originale aujourd'hui, c'est apprendre &#224; vivre et &#224; mourir, et pour &#234;tre un homme, refuser d'&#234;tre Dieu.&#034; Bien s&#251;r, ce n'est pas tr&#232;s prom&#233;th&#233;en de refuser d'&#234;tre Dieu, mais peut-&#234;tre est-ce le vrai visage de Prom&#233;th&#233;e qu'il nous a laiss&#233;. &#187; L'&#233;motion de Max-Pol Fouchet, ami de jeunesse de Camus, rend son propos particuli&#232;rement poignant. &lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il sait faire preuve de chaleur dans des circonstances moins tragiques. Max-Pol Fouchet &#233;voque volontiers ses souvenirs comme lors de cette chronique consacr&#233;e &#224; Henri Pichette : &#171; Nous parlons rarement de po&#233;sie dans nos Lectures pour tous et plus encore rarement de po&#233;sie contemporaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Serait-ce qu'il s'agit l&#224; de lectures pour quelques-uns et non de lectures pour tous ? Quoi qu'il en soit, voici une occasion de rattraper cette insuffisance. Un livre paru au Mercure de France, Les Revendications, par Henri Pichette. C'est un jeune po&#232;te, entendons-nous bien, il a trente-quatre ans, mais, pour moi, il aura toujours l'&#226;ge qu'il avait lorsqu'il fit irruption dans le bureau de la revue que je dirigeais alors. Et quand je dis &#034;irruption&#034;, le mot exact est plut&#244;t &#034;&#233;ruption&#034; : j'avais devant moi, un jeune chat &#233;bouriff&#233; comme apr&#232;s l'amour, un gar&#231;on tonitruant qui me toisait et posa sur mon bureau un manuscrit intitul&#233; Le Puzzle. Il me l'imposa plus qu'il ne le posa et il me demanda avec beaucoup de morgue de le lire dans le plus brefs d&#233;lais. J'avoue que j'&#233;tais assez inquiet par son allure de jeune Rimbaud, d'autant qu'&#224; la Lib&#233;ration, le genre Rimbaud foisonnait. &#187; Dans toutes ses chroniques, Max-Pol Fouchet s'implique personnellement et la chaleur qu'il met dans ses propos le rend tr&#232;s convaincant. Mais il n'est pas seulement le d&#233;fenseur acharn&#233; de la litt&#233;rature &#233;trang&#232;re, c'est aussi un homme de convictions qui ne supporte pas le contr&#244;le du pouvoir, ce qui provoque une crise au moment de la guerre d'Alg&#233;rie. &lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;s la cr&#233;ation de Fontaine, Max-Pol Fouchet manifeste son go&#251;t de la libert&#233;. Un go&#251;t difficilement compatible avec la forte tutelle qui p&#232;se sur la t&#233;l&#233;vision des ann&#233;es cinquante. La premi&#232;re affaire &#233;clate en 1958, avec l'arr&#234;t brutal du Fil de la vie : Max-Pol Fouchet, qui a grandi &#224; Alger, parlait de la difficult&#233; d'&#234;tre Fran&#231;ais au moment des &#233;v&#233;nements. La chronique d&#233;pla&#238;t au gouvernement F&#233;lix Gaillard. On demande alors &#224; Fouchet de soumettre les textes de l'&#233;mission &#224; la direction de la RTF avant d'enregistrer. Il pr&#233;f&#232;re arr&#234;ter l'&#233;mission que de se plier &#224; cette exigence. Il d&#233;fend une ligne de conduite inflexible : &#171; [&#8230;] je ne peux pas m&#226;cher mes mots, ni mettre un &#233;teignoir &#224; ma pens&#233;e. [&#8230;] La T&#233;l&#233;vision est, pour moi, un exercice de conscience. J'ai quelquefois l'impression que l'honn&#234;tet&#233; morale &#233;l&#233;mentaire est consid&#233;r&#233;e comme de la provocation. &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une nouvelle fois, &#224; l'automne 1960, la rigueur morale de Max-Pol Fouchet est mise &#224; l'&#233;preuve et le conduit &#224; pr&#233;senter sa d&#233;mission &#224; la direction de la RTF. La diffusion de la D&#233;claration du droit &#224; l'insoumission dans la guerre d'Alg&#233;rie, plus connue sous le nom de Manifeste des 121, conna&#238;t un retentissement croissant dans le courant de l'&#233;t&#233; 1960. Le gouvernement r&#233;agit notamment par l'ordonnance n&#176; 60-1036 du 28 septembre 1960 qui &#233;num&#232;re les diff&#233;rentes mesures disciplinaires &#224; l'&#233;gard des fonctionnaires, qui auraient &#171; commis certaines fautes graves &#187;. Sont ici vis&#233;s toux ceux qui, travaillant pour l'Etat, signeraient ou soutiendraient publiquement le Manifeste. Le ministre de l'Information, Louis Terrenoire, d&#233;cide de bannir les signataires des antennes de la RTF. Il est donc interdit de recevoir ou de mentionner &#224; Lectures pour tous les &#233;crivains qui ont appel&#233; &#224; l'insoumission. Or, aux cent vingt-et-un se joignent rapidement quarante, puis dix-neuf autres artistes, intellectuels ou &#233;crivains. Dans le fonds Max-Pol Fouchet d&#233;pos&#233; &#224; l'Imec se trouve l'exemplaire du Manifeste annot&#233; par le po&#232;te. Des noms sont soulign&#233;s, sans que l'on puisse, bien &#233;videmment, savoir pourquoi. Parmi eux, de nombreuses personnalit&#233;s du monde des lettres : Robert Barrat, Maurice Blanchot, Simone de Beauvoir, Andr&#233; Breton, Marguerite Duras, Andr&#233; Fr&#233;naud, Michel Leiris, Jean-Fran&#231;ois Revel, Alain Robbe-Grillet, Claude Roy, Nathalie Sarraute, Jean-Paul Sartre. La situation para&#238;t &#224; Max-Pol Fouchet insupportable mais surtout intenable. &#171; Imaginez [&#8230;] que Jean-Paul Sartre ait eu le prix Nobel et qu'il se soit tu&#233; en avion &#8213; il &#233;tait alors au Br&#233;sil. Nous aurions &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; ne pas parler de Sartre &#224; Lectures pour tous ! &#187; Max-Pol Fouchet, dans le m&#233;morandum r&#233;capitulant toute l'affaire qu'il r&#233;dige &lt;br class='manualbr' /&gt;
par la suite, raconte sa rencontre avec Albert Ollivier, directeur de la RTF : &#171; Le lundi 3 octobre, en pr&#233;sence de MM. Dumayet et Prat, Max-Pol Fouchet demande confirmation &#224; M. Albert Ollivier des mesures prises par le Gouvernement contre les &#233;crivains signataires du Manifeste des 121. Ces mesures, rappelons-le, interdisaient toute interview, toute citation des &#233;crivains, tout compte-rendu des ouvrages. M. Albert Ollivier r&#233;pondit par l'affirmative. En cons&#233;quence, Max-Pol Fouchet donnait sa d&#233;mission de la RTF. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;s le lendemain, une Soci&#233;t&#233; des Producteurs s'est constitu&#233;e &#224; l'initiative de quatorze producteurs, les plus importants de la t&#233;l&#233;vision : Pierre Lazareff, qui en est le pr&#233;sident, Fran&#231;ois Chalais, Roland Darbois, Pierre Desgraupes, Jean-Marie Drot, Pierre Dumayet, Max-Pol Fouchet, Denise Glaser, Etienne Lalou, Gilles Margaritis, Louis Pauwels, Fr&#233;d&#233;ric Rossif, Roger St&#233;phane et Pierre Tchernia. Fouchet d&#233;cide de participer &#224; cette association et de suspendre sa d&#233;mission. Il explique &#224; la presse : &#171; J'ai accept&#233; de mettre ma d&#233;mission en hibernation et de participer &#224; cette association, dans la mesure o&#249; elle est une manipulation de conscience prise devant des mesures inconscientes contre la libert&#233; de cr&#233;er. &#187;. La jeune Soci&#233;t&#233; des Producteurs entreprend, d&#232;s le 4 octobre, de n&#233;gocier des am&#233;nagements avec le ministre de l'Information et le directeur des programmes. Max-Pol Fouchet, qui ne d&#233;missionne plus, assure sa chronique &#224; Lectures pour tous le mercredi 5 octobre. Il choisit de parler d'un recueil de Paul Eluard, le Dur D&#233;sir de tuer et finit, l'air grave et tendu, face &#224; la cam&#233;ra en r&#233;citant &#171; Libert&#233; &#187;, un po&#232;me qu'il a &#233;t&#233; le premier &#224; publier dans Fontaine. Une chronique qui veut sonner comme un au revoir, ainsi que le rel&#232;ve la presse : &#171; Peut-&#234;tre ne vous en &#234;tes vous pas aper&#231;us, mais l'&#233;ditorial de Max-Pol Fouchet sur Eluard, au cours des Lectures pour tous, &#233;tait presque un adieu aux t&#233;l&#233;spectateurs. &#187;.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cet adieu reste suspendu aux n&#233;gociations entre la Soci&#233;t&#233; des Producteurs et le minist&#232;re de l'Information. Max-Pol Fouchet est optimiste apr&#232;s avoir lu le communiqu&#233; de la Soci&#233;t&#233; qui suit les n&#233;gociations du 14 octobre : &#171; La d&#233;l&#233;gation de la Soci&#233;t&#233; des Producteurs est tomb&#233;e d'accord avec le Directeur des Programmes : &lt;br class='manualbr' /&gt;
a) pour exclure tout usage du nom et des &#339;uvres des signataires dans un sens provocateur &lt;br class='manualbr' /&gt;
b) pour que les producteurs demandent l'avis et l'accord du Directeur des Programmes chaque fois qu'un cas d'esp&#232;ce se pr&#233;sentera &lt;br class='manualbr' /&gt;
c) pour passer sous silence l'affaire du Manifeste quand un producteur devra parler d'un des signataires. &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois, le minist&#232;re ne confirme pas les points d'accord annonc&#233;s par les producteurs. Max-Pol Fouchet &#171; inquiet de la contradiction que manifestaient les deux communiqu&#233;s, t&#233;l&#233;phonait &#224; M. Desgraupes. Il lui proposait un test. &#187;. Pour &#233;prouver les engagements pris par Louis Terrenoire et Albert Ollivier, il propose de parler, dans le prochain Lectures pour tous, d'un recueil de textes, Beatnicks et jeunes &#233;crivains am&#233;ricains, r&#233;unis par son ami Maurice Nadeau, signataire du Manifeste. Desgraupes approuve ainsi qu'Etienne Lalou charg&#233; de rencontrer Albert Ollivier le lendemain, au nom de la Soci&#233;t&#233; des Producteurs. Le directeur de programmes ne s'oppose pas au &#171; test &#187; de Fouchet. Nouveau rebondissement, le mardi : le veto du directeur adjoint, M. Ergman. &#171; Le mercredi 19, vers 19 heures, M. Paul Bodin t&#233;l&#233;phonait &#224; M. Fouchet, In extremis, il lui accordait l'autorisation de citer &#8213; modestement &#8213; le nom de M. Maurice Nadeau. L'affaire semblait donc r&#233;gl&#233;e. Mais, au cours de cet entretien t&#233;l&#233;phonique, M. Bodin s'inqui&#233;tait des propos que M. Fouchet pouvait tenir sur la crise am&#233;ricaine. En particulier, M. Bodin craignit qu'un parall&#232;le, m&#234;me implicite, f&#251;t &#233;tabli entre les cons&#233;quences de la guerre de Cor&#233;e et celles de la guerre d'Alg&#233;rie. [&#8230;] M. Fouchet refusa de taire l'une des causes essentielles du malaise de la jeunesse des Etats-Unis. En revanche, il sp&#233;cifia, qu'il ne parlerait pas de la guerre d'Alg&#233;rie. &#187; Aucun accord n'est trouv&#233;, Max-Pol Fouchet refuse de para&#238;tre &#224; Lectures pour tous, le soir du 19 octobre. La presse se fait tr&#232;s largement l'&#233;cho de cet incident, et pr&#233;sente Fouchet comme un d&#233;fenseur acharn&#233; et courageux de la libert&#233; d'expression. A l'exception d'Andr&#233; Brincourt qui &#233;crit dans le Figaro, le 20 octobre : &#171; [&#8230;] Ne nous y trompons pas : Max-Pol Fouchet voulait mettre le ministre de l'Information au pied du mur des interdits. Le jeu &#233;tait dangereux. Ajoutons qu'au moment o&#249; nous allons vers la d&#233;tente et nous nous y employons, il &#233;tait inopportun. Le ministre, toutefois, a choisi &#224; son tour de placer Max-Pol Fouchet devant ses responsabilit&#233;s. Hier soir, la proposition qui lui fut faite en derni&#232;re minute fut la suivante : autorisation de traiter le sujet et de citer le &lt;br class='manualbr' /&gt;
nom de M. Nadeau &#233;tant entendu que le propos ne d&#233;borderait pas du cadre purement litt&#233;raire, qui est celui de l'&#233;mission. Max-Pol Fouchet a jug&#233; pr&#233;f&#233;rable de se r&#233;cuser, voulant n&#233;anmoins, nous a-t-on dit, trouver ici pr&#233;texte &#224; parler de la d&#233;moralisation de la jeunesse fran&#231;aise. [&#8230;] Au moment o&#249; nous essayons de r&#233;tablir nos libert&#233;s menac&#233;es, Max-Pol Fouchet cherche-t-il uniquement la provocation ? &#187;. Max-Pol Fouchet demande &#224; Pierre Brisson, patron du Figaro, un droit de r&#233;ponse qui lui est accord&#233; : &#171; La v&#233;rit&#233; est autre. Au cours d'une conversation t&#233;l&#233;phonique avec M. Paul Bodin, du cabinet de M. Terrenoire, j'ai sp&#233;cifi&#233; qu'il ne serait pas question dans mes propos de la guerre d'Alg&#233;rie. En revanche, il m'&#233;tait impossible de ne pas parler des r&#233;percussions de la guerre de Cor&#233;e sur la psychologie des jeunes Am&#233;ricains. M. Bodin et moi-m&#234;me avons craint que de tels propos ne soient d&#233;natur&#233;s ou n'autorisent des interpr&#233;tations diverses. C'est pourquoi, M. Bodin et moi-m&#234;me, d'un commun accord, avons d&#233;cid&#233; qu'on ne me verrait pas ce soir-l&#224;, &#224; l'&#233;cran. &#187;110 Andr&#233; Brincourt est le seul journaliste &#224; ne pas saluer l'intransigeance de Fouchet, mais &#224; regretter son go&#251;t de l'affrontement avec le pouvoir. Le conflit s'apaise &#224; la fin du mois d'octobre : les mesures annonc&#233;es par le gouvernement un mois auparavant ne sont pas appliqu&#233;es avec la rigueur attendue. Max-Pol Fouchet, qui n'est pas apparu &#224; Lectures pour tous le 12 et 19 octobre, revient le 26 et consacre sa chronique &#224; un signataire du Manifeste : Claude Simon. Il explique r&#233;trospectivement son choix : &#171; La plupart des &#034;nouveaux romanciers&#034; eut le courage de signer le Manifeste des 121, juste et ferme protestation contre la guerre d'Alg&#233;rie. Non seulement ils subirent des tracasseries polici&#232;res, mais encore la radio, la t&#233;l&#233;vision leur furent interdites, au m&#233;pris de la libert&#233; d'expression. [&#8230;] Apr&#232;s une orageuse discussion avec le directeur [de la t&#233;l&#233;vision], je d&#233;cidai de passer outre. Dans l'&#233;mission Lectures pour tous, je pr&#233;sentai, en direct, La Route des Flandres de Claude Simon, l'un des signataires du Manifeste, non par provocation, comme d'aucuns le crurent, mais pour protester, contre un ostracisme ridicule et odieux et parce que j'admirais le livre. &#187;. Apr&#232;s cet incident, la vie de Lectures pour tous reprend son cours, sans conflit avec le pouvoir. Max-Pol Fouchet a manifest&#233; sa v&#233;h&#233;mence, au cours du mois d'octobre 1960, son refus des entraves &#224; la libert&#233; d'expression. Les deux Pierre se sont associ&#233;s &#224; ce combat, avec moins d'&#233;clat, mais une certaine efficacit&#233;, puisque la Soci&#233;t&#233; des Producteurs dont ils sont membres fondateurs, a r&#233;ussi &#224; n&#233;gocier des am&#233;nagements avec le ministre de l'Information. Toutefois, cet &#233;pisode renforce la singularit&#233; de Max-Pol Fouchet au sein de l'&#233;quipe qui, plus que jamais, fait figure aux yeux du public et des critiques, de po&#232;te inflexible dans ses choix litt&#233;raires comme dans ses combats politiques. &lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sophie De Closets.&lt;br class='autobr' /&gt;
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		<title>Sur Max-Pol Fouchet, on consultera notamment</title>
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		<dc:creator>Marianne</dc:creator>



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&lt;p&gt;&amp;bull; Max-Pol Fouchet, par Jean Queval (Seghers, coll. &#034;Po&#232;tes d'aujourd'hui&#034;, 1969). &amp;bull; Max-Pol Fouchet ou le passeur de r&#234;ves (Le Castor Astral, 2000) Disponible en Librairie Un livre-hommage r&#233;alis&#233; &#224; l'occasion du vingti&#232;me anniversaire de la mort de Max Pol Fouchet &#224; V&#233;zelay o&#249; il &#171; jetait l'ancre &#187; pour s'adonner plus pleinement &#224; l'&#233;criture de son &#339;uvre. Comprenant 40 photographies en noir et blanc prises par le grand voyageur en Inde, Egypte, Cameroun, Tchad, Mexique, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://maxpolfouchet.com/Ouvrages-sur-Max-Pol-Fouchet" rel="directory"&gt;Ouvrages sur Max-Pol Fouchet&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&amp;bull; Max-Pol Fouchet, par Jean Queval (Seghers, coll. &#034;Po&#232;tes d'aujourd'hui&#034;, 1969).&lt;br class='autobr' /&gt;
&amp;bull; Max-Pol Fouchet ou le passeur de r&#234;ves (Le Castor Astral, 2000) Disponible en Librairie&lt;br class='autobr' /&gt;
Un livre-hommage r&#233;alis&#233; &#224; l'occasion du vingti&#232;me anniversaire de la&lt;br class='autobr' /&gt;
mort de Max Pol Fouchet &#224; V&#233;zelay o&#249; il &#171; jetait l'ancre &#187; pour&lt;br class='autobr' /&gt;
s'adonner plus pleinement &#224; l'&#233;criture de son &#339;uvre. Comprenant 40&lt;br class='autobr' /&gt;
photographies en noir et blanc prises par le grand voyageur en Inde,&lt;br class='autobr' /&gt;
Egypte, Cameroun, Tchad, Mexique, Guatemala, Bolivie, P&#233;rou, Portugal,&lt;br class='autobr' /&gt;
Pologne, France&#8230;, le livre donne &#224; voir des visages, des rivages et des&lt;br class='autobr' /&gt;
paysages saisis par l'&#339;il exerc&#233; du po&#232;te tout en permettant de go&#251;ter&lt;br class='autobr' /&gt;
quelques-uns de ses textes, in&#233;dits ou m&#233;connus. &lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque photographie a inspir&#233; une r&#233;flexion offerte pour la&lt;br class='autobr' /&gt;
circonstance par ses amis, la plupart &#233;crivains ou artistes de renom.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les participants ont &#233;t&#233; invit&#233;s &#224; laisser vagabonder souvenirs et&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;motions par l'Atelier Imaginaire, ma&#238;tre d'&#339;uvre du projet, en&lt;br class='autobr' /&gt;
concertation avec Marianne Fouchet, fille unique de l'&#233;crivain, et&lt;br class='autobr' /&gt;
l'Association des Amis de Max Pol Fouchet. &lt;br class='autobr' /&gt;
Con&#231;u, agenc&#233; et pr&#233;fac&#233; par Guy Rouquet, pr&#233;sident de l'Atelier&lt;br class='autobr' /&gt;
Imaginaire et fondateur du prix de po&#233;sie Max Pol Fouchet, le livre est&lt;br class='autobr' /&gt;
agr&#233;ment&#233; de quelques portraits de l'artiste r&#233;alis&#233;s par Jean-Pol&lt;br class='autobr' /&gt;
Stercq, photographe. &lt;br class='autobr' /&gt;
SUR MAX-POL FOUCHET, on consultera aussi, pour nous en tenir aux seuls livres ou catalogues :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;loge de Max-Pol Fouchet, par Jules Roy, Actes Sud, 1980.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Voies de l'&#233;criture (Marguerite Duras, Fran&#231;ois Nourissier, &lt;br class='autobr' /&gt;
Jos&#233; Cabanis, Pierre Gascar, Yves Berger, Max-Pol Fouchet), par Hubert &lt;br class='autobr' /&gt;
Nyssen, Mercure de France, 1969. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur l'&#233;mission Le fil de la vie, voir La T&#233;l&#233;vision et ses promesses, par Andr&#233; Brincourt, La Table Ronde, Paris, 1959.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand la t&#233;l&#233;vision aimait les &#233;crivains. Lectures pour tous 1953 -1968, Sophie de Closets (De Boeck et INA, 2004) notamment pages 58 &#224; 67. (&lt;a href='https://maxpolfouchet.com/images/stories/Docs/quandlatvaimaitlesecrivains.pdf'&gt;t&#233;l&#233;chargez un extrait en pdf&lt;/a&gt; )&lt;br class='manualbr' /&gt;
Le Monde de Max-Pol Fouchet, catalogue de l'exposition consacr&#233;e &#224; l'auteur par la Biblioth&#232;que municipale de Vichy (1976). &lt;br class='autobr' /&gt;
Hommage &#224; Max-Pol Fouchet, Les Cahiers Bleus, n&#176; 20, Troyes, 1981&lt;br class='autobr' /&gt;
Max-Pol Fouchet : les appels, catalogue de l'exposition th&#233;matique consacr&#233;e &#224; l'auteur par la Biblioth&#232;que municipale de Ch&#226;tillon (1983).&lt;br class='autobr' /&gt;
Max-Pol Fouchet&lt;br class='autobr' /&gt;
et les arts plastiques - Conduire jusqu'au secret des &#339;uvres sous la direction de Christian Limousin. Editions&lt;br class='autobr' /&gt;
Universitaires de Dijon (2011). &lt;br class='autobr' /&gt;
La revue Fontaine - Po&#233;sie, R&#233;sistance,&lt;br class='autobr' /&gt;
engagement, Alger 1938-Paris 1947 par&lt;br class='autobr' /&gt;
Fran&#231;ois Vignale. Pr&#233;face de Jean-Yves Mollier. Presses Universitaires de&lt;br class='autobr' /&gt;
Rennes (2012). &lt;br class='autobr' /&gt;
Travaux universitaires&lt;br class='autobr' /&gt;
Max-Pol FOUCHET ou les chemins de l'alt&#233;rit&#233;, Sarah Allam, 1996 -&lt;br class='autobr' /&gt;
Th&#232;se de doctorat de Lettres modernes sous la direction de Francis &lt;br class='autobr' /&gt;
CLAUDON, Universit&#233; de Bourgogne (Presses universitaires du Septentrion,&lt;br class='autobr' /&gt;
1999) &lt;br class='autobr' /&gt;
Max-Pol&lt;br class='autobr' /&gt;
FOUCHET ou la connaissance partag&#233;e, Henri Champagne, 2000 &#8211; DEA sous la direction de&lt;br class='autobr' /&gt;
Christine Andreucci, Universit&#233; de Pau. &lt;br class='autobr' /&gt;
FONTAINE Alger 1939 &#8211; Paris 1947, Nelly Saby, 2003 - M&#233;moire de Ma&#238;trise en Histoire Contemporaine sous la direction de JF Murraciole, Universit&#233; de Montpellier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Max-Pol FOUCHET, un passeur de culture &#224; la radio,&lt;br class='autobr' /&gt;
Estelle Marie, 2012 - M&#233;moire de Master 1 recherche en Histoire &lt;br class='autobr' /&gt;
contemporaine sous la direction d'Olivier Dumoulin, Universit&#233; de Caen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192;&lt;br class='autobr' /&gt;
partir de 1943, Max-Pol Fouchet s'exprime r&#233;guli&#232;rement sur diverses &lt;br class='autobr' /&gt;
ondes. Apr&#232;s une br&#232;ve pr&#233;sentation de chacune des &#233;missions et de la &#171; &lt;br class='autobr' /&gt;
ligne d'expression &#187; g&#233;n&#233;rale adopt&#233;e par l'humaniste, homme de m&#233;dias &lt;br class='autobr' /&gt;
engag&#233;, l'&#233;tude de cas de l'&#233;mission Journal musical d'un &#233;crivain que &lt;br class='autobr' /&gt;
Max-Pol Fouchet anima sur R.T.L de 1968 &#224; 1970 nous est pr&#233;sent&#233;e, ainsi&lt;br class='autobr' /&gt;
que les raisons qui ont incit&#233; cette station &#224; faire appel &#224; Fouchet. &lt;a href='https://maxpolfouchet.com/images/Documents/mpfunpasseurdecultureradio-estellemarie2012.pdf'&gt;T&#233;l&#233;charger le m&#233;moire...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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