L’appel
de la poésie Vézelay, une source
A Vézelay, j’ai placé mon bureau de telle façon que je ne puisse voir, lorsque j’y travaille, qu’une mince ligne d’horizon et l’immensité de ciel. Le paysage, du haut de la colline de Vézelay, est l’un des plus beaux et des plus vastes de France. Mais je vis bien plus avec et dans son ciel, avec cet espace de silence que corbeaux et corneilles coupent de leurs ailes comme avec des ciseaux. Tourné vers l’ouest, sans quitter ma table, (…)
Max-Pol Fouchet - Poète, romancier, essayiste, critique littéraire, musical, historien de l’art, ethnologue, homme de radio et de télévision.
Articles les plus récents
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La maison de Vézelay
30 août 2007, par Marianne -
Sur Max-Pol Fouchet, on consultera notamment
2 juin 2007, par Marianne• Max-Pol Fouchet, par Jean Queval (Seghers, coll. "Poètes d’aujourd’hui", 1969). • Max-Pol Fouchet ou le passeur de rêves (Le Castor Astral, 2000) Disponible en Librairie Un livre-hommage réalisé à l’occasion du vingtième anniversaire de la mort de Max Pol Fouchet à Vézelay où il « jetait l’ancre » pour s’adonner plus pleinement à l’écriture de son œuvre. Comprenant 40 photographies en noir et blanc prises par le grand voyageur en Inde, Egypte, Cameroun, Tchad, Mexique, (…)
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L’appel des médias
27 avril 2007, par MarianneParticiper aux médias, il faut que ce soit un exercice de conscience
Le seul exercice de l’écriture me paraît aujourd’hui restrictif, si on veut que l’écrivain s’adresse à un large public. Sa tour d’ivoire est nécessaire pour l’écriture mais il faut qu’à son sommet, il y ait quelque chose qui transmette pour créer une antenne, pour être câblé aux hommes.
La souffrance du retour
L’exercice de la solitude -
L’arrêt et le départ
27 avril 2007, par MarianneL’appel
du voyage
Je sacrifierai l’imprimé à l’impression. Quelques années après la mort de son père, Max-Pol décide de rompre avec le milieu familial et de partager la vie des prolétaires : « je porterai le bleu » disait-il. Il fut d’abord peintre en bâtiment avant de s’embarquer comme mousse sur un cargo reliant Alger au Havre : « le Monique-Schiaffino ». Il a alors dix-neuf ans. Ce premier départ n’est pas une fuite, mais un véritable retour aux sources, à ses sources dans (…) -
L’appel de la musique
27 avril 2007, par MarianneLa musique est produit de l’être
Et elle produit de l’être.
« Longtemps j’ai voulu exprimer ce que j’avais ressenti, en écoutant la « Marche funèbre » du « Crépuscule des dieux » de Richard Wagner, et ce fut en vain. Mais un jour, tout ce qui m’avait bouleversé, poigné, transporté, j’ai pu le lire sous la plume de Charles Baudelaire. Délivré des lieux de pesanteur, il conçut pleinement l’idée d’une âme, qui se mouvait dans un milieu lumineux, il sentit une « extase faite de volupté et (…) -
L’exercice de la solitude
26 avril 2007, par MarianneL’appel
des médias L’exercice de la solitude
C’est une expérience de soi-même, plus précisément une façon particulière de s’éprouver – de se prouver -, sans autre témoin ni autre juge que celui que nous sommes. Elle réclame donc au préalable, une connaissance de soi, une volonté première de nous dépouiller, autant que faire se peut, de tout ce qui est postiche en nous, sur nous, de nos automatismes trop souvent confondus avec la volonté dont ils ont usurpé la place, et enfin de (…) -
L’Homme comme boussole
26 avril 2007, par MarianneL’appel
du voyage
Je ne conçois aucunement le voyage comme une agréable marelle dont les cases porteraient des noms de villes, de pays. Je ne suis pas un touriste, sauf si l’on entend ce mot dans l’acception des Mémoires d’un touriste, où l’on voit Stendhal s’intéresser aussi bien aux « bouille-à-baisse » de Marseille qu’aux problèmes politiques, et chercher partout, comme il dit, les silences qui font qu’on entend son âme ! Ses Mémoires sont de la mémoire, et ils en ont, à (…) -
L’art de la durée
26 avril 2007, par MarianneL’appel
de la musique L’art de la durée
Sans doute la musique est-elle, depuis un siècle, la forme élue vers laquelle tendent, en ultime instance, les arts plastiques. Encore la musique ne se laisse-t-elle pas si facilement réduire. Art de la durée dans le sentiment qu’elle donne d’un temps qui pourrait avec lui-même renouer, sans interruption. Une fugue de Bach ne fuit pas, elle s’édifie. Tel andante mozartien atteint à une sorte d’immobilité à peine tremblante, en (…) -
Le sens de la poésie
25 avril 2007, par MarianneL’appel
des médias Le sens de la poésie
Pour une émission comme « Terre des arts » ou pour « l’Aventure de la Lumière », série sur l’Impressionnisme, il y a le scénario, le découpage, ensuite le tournage, le commentaire et la lecture du commentaire. Ce sont des travaux très différents et au fond chacune de ces émissions est une œuvre. Cette œuvre, je tiens toujours à ce qu’elle soit dans le sens de la poésie. Je persiste à croire que c’est par la poésie que l’on fait sentir les (…) -
La souffrance du retour
25 avril 2007, par MarianneL’appel
du voyage
L’Afrique, la source C’est encore à Fort-Archambault que je vis pour la première fois, des femmes noires qui étaient belles. Elles avançaient, en file indienne, une jarre en équilibre sur la tête. Quand nous les croisâmes, elles s’arrêtèrent, de leurs bras levés assurèrent, maintinrent leur faix. Des Saras. Nullement déformées, les seins hauts, les cheveux en nattes serrées, drapées de la ceinture aux chevilles. Elles demeurèrent ainsi, droites, pendant quelques (…)